L’Ensaama-Olivier de Serres, installée rue Olivier de Serres dans le 15e arrondissement de Paris, recrute ses futurs étudiants en DNMADE sans concours ni épreuve plastique sur place. La sélection pour la rentrée 2026 repose intégralement sur le dossier Parcoursup, ce qui modifie la manière de préparer sa candidature par rapport à d’autres écoles d’art qui maintiennent des épreuves de dessin ou de volume.
Le carnet numérique Parcoursup : un format qui filtre avant le contenu
Le point le plus sous-estimé par les candidats concerne les contraintes techniques du dossier de travaux personnels. L’Ensaama demande un carnet numérique au format PDF, limité à 10 pages A4 et 2 Mo. Ce cadre très strict élimine d’emblée les portfolios volumineux ou les montages vidéo que certains candidats préparent pour d’autres écoles.
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Dix pages, cela oblige à faire des choix radicaux. Chaque planche doit démontrer une intention claire, pas simplement accumuler des productions. Un candidat qui consacre trois pages à des dessins d’observation naturalistes sans lien avec le design ou les métiers d’art perd presque un tiers de son espace.
La compression à 2 Mo impose aussi de soigner la résolution et la mise en page en amont. Un PDF mal optimisé avec des images haute définition dépassera la limite, et un fichier trop compressé rendra les détails illisibles. Tester l’export final sur plusieurs écrans (ordinateur, tablette) avant le dépôt évite les mauvaises surprises.
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Dossier scolaire et projet motivé : ce que l’Ensaama évalue vraiment
L’évaluation ne se limite pas au carnet. L’école lit les bulletins scolaires, le projet de formation motivé et le carnet de travaux en parallèle, pas en séquence. Un excellent carnet artistique ne compense pas des résultats scolaires faibles, et inversement.
Notes et spécialités de terminale
Aucune spécialité de bac n’est officiellement exigée. En revanche, les profils qui combinent une spécialité à dimension visuelle ou technique (arts plastiques, numérique, sciences de l’ingénieur) avec de solides résultats en culture générale (français, philosophie, histoire) correspondent davantage à ce que recherche une formation en design et métiers d’art de niveau licence.
Les notes de première et de terminale comptent. Une progression visible entre les deux années est un signal positif, surtout pour les candidats dont le niveau en début de lycée était moyen.
Le projet de formation motivé
Ce texte n’est pas une lettre de motivation classique. L’Ensaama forme des designers et des artisans d’art, pas des artistes libres. Le projet doit montrer que le candidat comprend la différence entre création artistique personnelle et démarche de projet en design (contraintes d’usage, de matériaux, de destinataire).
Mentionner des visites d’expositions de design, des stages en atelier, ou une pratique personnelle liée à un matériau précis (céramique, textile, métal) pèse plus qu’une liste de musées d’art contemporain visités.
Calendrier Parcoursup 2026 : les dates qui engagent
Le calendrier Parcoursup structure toute la candidature. Deux échéances sont particulièrement engageantes pour les candidats à l’Ensaama :
- La date limite de formulation des vœux est fixée au 12 mars. Cela signifie que le choix des mentions visées doit être arrêté bien avant cette date.
- Un vœu non confirmé avant le 1er avril ne sera tout simplement pas examiné. Le carnet PDF, le projet motivé et toutes les pièces doivent être finalisés et déposés avant cette échéance.
- Les résultats d’admission arrivent ensuite lors de la phase principale, avec un délai de réponse imposé par la plateforme. Refuser ou accepter trop tard ferme la porte.
Attendre la dernière semaine de mars pour finaliser son carnet est un pari risqué. La compression PDF, la relecture du projet motivé et la vérification des pièces administratives prennent du temps.
Profils recherchés par l’Ensaama : au-delà du « bon en dessin »
L’image d’une école d’art qui recrute uniquement des dessinateurs talentueux ne correspond pas à la réalité de l’Ensaama. Le DNMADE couvre des mentions très différentes, de l’espace au spectacle en passant par l’objet ou l’ornement. Chaque mention a ses propres critères implicites.

Un candidat en mention espace gagne à montrer une sensibilité à l’architecture intérieure, aux volumes, aux maquettes. Un candidat en mention graphisme doit démontrer un intérêt pour la typographie, la mise en page, la communication visuelle. Présenter un carnet généraliste « un peu de tout » dilue le propos.
Ce que l’école cherche à repérer dans les dix pages du carnet tient en quelques critères :
- Une curiosité documentée : le candidat montre qu’il observe, collecte, analyse, pas seulement qu’il produit.
- Une cohérence entre la mention visée et les travaux présentés. Candidater en mention objet avec uniquement des illustrations 2D crée un décalage.
- Une capacité à expliquer sa démarche. Quelques lignes de texte accompagnant les visuels, qui décrivent l’intention ou le processus, valent souvent plus qu’une planche supplémentaire.
- Une ouverture culturelle qui dépasse le champ strictement artistique : design industriel, artisanat, sciences, urbanisme.
Le taux d’accès à l’Ensaama est très faible, ce qui reflète à la fois l’attractivité de l’école (formation publique et gratuite) et le nombre limité de places. La sélection ne repose pas sur un talent exceptionnel mais sur la capacité du candidat à montrer une démarche de projet cohérente en dix pages.
Préparer sa candidature dès le premier trimestre de terminale, tester plusieurs mises en page du carnet PDF, et faire relire son projet motivé par un enseignant d’arts appliqués ou un professionnel du design reste la stratégie la plus fiable pour se distinguer dans un processus où chaque détail du dossier compte.

