Le verbe partir au présent de l’indicatif se conjugue selon un schéma propre aux verbes du troisième groupe en -tir. Son radical change entre le singulier et le pluriel, ce qui pose un problème de mémorisation récurrent, y compris chez des francophones confirmés. Comprendre cette alternance de radical est la clé pour retenir les six formes sans hésiter.
Radical court et radical long : le mécanisme qui gouverne partir au présent
La plupart des verbes du premier groupe gardent un radical stable à toutes les personnes. Partir fonctionne autrement. Au singulier, le radical perd sa consonne finale et se réduit à par- : je pars, tu pars, il part.
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Au pluriel, le radical conserve le -t et devient part- : nous partons, vous partez, ils partent. Cette alternance entre un radical court (par-) et un radical long (part-) est le seul vrai obstacle. Une fois ce principe posé, les terminaisons suivent le patron classique du troisième groupe : -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent.
Le tableau ci-dessous fixe les formes visuellement.
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| Personne | Radical | Terminaison | Forme complète |
|---|---|---|---|
| je | par- | -s | je pars |
| tu | par- | -s | tu pars |
| il / elle / on | par- | -t | il part |
| nous | part- | -ons | nous partons |
| vous | part- | -ez | vous partez |
| ils / elles | part- | -ent | ils partent |
Le -t de la troisième personne du singulier est absorbé par la terminaison : on écrit « il part » et non « il part-t ». Ce détail orthographique piège souvent à l’écrit.

Verbes en -tir au présent : le groupe de partir et ses voisins
Partir n’est pas un cas isolé. Il appartient à une famille de verbes du troisième groupe en -tir qui partagent exactement la même alternance de radical au présent de l’indicatif. Connaître cette famille évite de réapprendre chaque verbe séparément.
Les verbes qui se conjuguent comme partir au présent suivent tous le même patron : radical amputé au singulier, radical complet au pluriel.
- Sortir : je sors, tu sors, il sort, nous sortons, vous sortez, ils sortent (radical sor- / sort-)
- Sentir : je sens, tu sens, il sent, nous sentons, vous sentez, ils sentent (radical sen- / sent-)
- Mentir : je mens, tu mens, il ment, nous mentons, vous mentez, ils mentent (radical men- / ment-)
- Dormir : je dors, tu dors, il dort, nous dormons, vous dormez, ils dorment (radical dor- / dorm-)
- Servir : je sers, tu sers, il sert, nous servons, vous servez, ils servent (radical ser- / serv-)
Le principe est identique à chaque fois : la dernière consonne du radical tombe au singulier et réapparaît au pluriel. Retenir ce mécanisme pour un seul verbe suffit à conjuguer toute la série.
Astuce de mémorisation : la règle de la coupure au singulier
Plutôt que de mémoriser six formes par verbe, une technique fiable consiste à partir de l’infinitif et à appliquer deux opérations mentales distinctes selon la personne.
Pour le singulier (je, tu, il) : prendre l’infinitif « partir », retirer les deux dernières lettres (-ir), puis retirer encore la dernière consonne restante. Il reste « par-« . Ajouter -s, -s ou -t.
Pour le pluriel (nous, vous, ils) : prendre l’infinitif, retirer seulement -ir. Il reste « part-« . Ajouter -ons, -ez ou -ent.
Cette approche fonctionne parce qu’elle repose sur un geste systématique : au singulier, on coupe une lettre de plus qu’au pluriel. La formule tient en une phrase : au singulier, le radical perd sa dernière consonne.

Piège fréquent avec l’auxiliaire être au passé composé
Partir se conjugue avec l’auxiliaire être aux temps composés (« je suis parti »), ce qui n’a pas d’impact direct sur le présent de l’indicatif. La confusion survient quand un apprenant mélange la forme du présent (« je pars ») avec le participe passé (« parti ») dans une phrase complexe. Garder en tête que le présent de partir ne comporte jamais de -i final permet d’éviter ce croisement.
Terminaisons du troisième groupe au présent : le patron -s, -s, -t
Le verbe partir suit les terminaisons régulières du troisième groupe au présent de l’indicatif. Ce patron diffère de celui du premier groupe (-e, -es, -e) et du deuxième groupe (-is, -is, -it). Confondre ces séries est une source d’erreurs courante en grammaire.
Les terminaisons du troisième groupe au présent se répartissent en deux sous-ensembles principaux :
- Le patron -s, -s, -t : utilisé par partir, sortir, dormir, sentir, mentir, servir, et par la majorité des verbes en -re (rendre, perdre, mordre)
- Le patron -s, -s, -d : réservé aux verbes en -dre comme prendre, attendre, répondre (la troisième personne garde le -d du radical au lieu d’ajouter -t)
- Le patron -x, -x, -t : propre à vouloir et pouvoir (je veux, tu veux, il veut)
Pour partir, pas d’ambiguïté : c’est le premier patron qui s’applique. La terminaison -t à la troisième personne du singulier se fond avec le radical court « par-« , ce qui donne « il part » – la lettre t sert à la fois de fin de radical et de terminaison grammaticale.
Conjugaison de partir au présent dans une phrase : exemples concrets
Voir les formes en contexte aide à fixer la conjugaison dans la mémoire à long terme mieux qu’un simple tableau. Voici des phrases où chaque personne apparaît dans une situation d’usage courant.
« Je pars à huit heures. » Le radical court par- plus la terminaison -s. Aucune lettre muette piégeuse.
« Nous partons en vacances demain. » Le radical long part- plus -ons. Le -t se prononce, ce qui rend la forme plus intuitive à l’oral qu’à l’écrit.
« Ils partent sans prévenir. » Le -ent final est muet, comme pour tous les verbes à la troisième personne du pluriel. La prononciation est identique à « il part » – seule l’orthographe diffère.
Cette identité sonore entre « il part » et « ils partent » explique pourquoi l’accord sujet-verbe avec partir se corrige surtout à l’écrit. À l’oral, rien ne distingue les deux formes, et l’erreur passe inaperçue.
Retenir le verbe partir au présent revient à maîtriser un seul principe : l’alternance entre un radical court au singulier et un radical complet au pluriel. Ce mécanisme s’étend à toute la famille des verbes en -tir, -mir et -vir du troisième groupe. Plutôt que de multiplier les fiches de conjugaison, ancrer cette règle d’alternance suffit à sécuriser la dizaine de verbes concernés.

